Le 14 mars dernier, le Stade de France vibrait au rythme d'une "respectueuse rivalité" mise en scène par The Immersers. Entre chevaux sur la pelouse, narration poétique et défi logistique extrême, ce show de 7 minutes a marqué un tournant dans l'expérience spectateur du rugby français. Jean-Baptiste Larger, l'un des dirigeants de l'agence, décrypte pour nous la genèse de ce projet hors norme. Fort d'une expertise puisée dans l'univers des parcs à thèmes, il explique comment la narration peut dérisquer l'aléa sportif et pourquoi les clubs doivent désormais concevoir leurs stades comme des destinations permanentes. Entretien sur le futur de l'émotion en tribune.

Comment est née cette collaboration avec la FFR autour de ce Crunch historique ? Quel était le brief initial ?

Ce projet a été imaginé par la FFR pour célébrer les 120 ans du "Crunch." Il s'inscrit dans la lignée des dispositifs marquants de ces dernières années — je pense notamment au Haka éclairé par de grands halos de lumière en 2023 ou 2024. C’est le résultat du travail d'Olivier Réaume à la FFR, qui réalise un superbe travail de mise en valeur des rencontres.

Pour cet anniversaire, Olivier souhaitait enrichir le pré-show habituel, qui existe déjà depuis plusieurs années, en y ajoutant un bloc narratif supplémentaire afin d'intensifier l'expérience spectateur. Lorsque la Fédération nous a sollicités, les grandes lignes étaient déjà tracées : il fallait créer un spectacle vivant. Très vite, nous avons intégré l'idée d'utiliser des chevaux, tout en poussant les curseurs sur la pyrotechnie et la lumière.

L’objectif profond était de raconter cette rivalité unique, ce qui a donné son titre à la cérémonie : "Une respectueuse rivalité." Nous devions trouver une narration et une mise en scène qui reprennent l’histoire commune entre l'Angleterre et la France, bien au-delà du cadre du rugby, pour expliquer comment ce sport a transformé cette relation. C’était une manière de faire monter la température et l’émotion juste avant l'entrée des joueurs sur la pelouse. Sur le plan opérationnel, bien que les premiers contacts aient eu lieu en décembre, le projet n'a véritablement démarré qu'à la fin du mois de janvier.

Le délai semble extrêmement court pour une telle production. Sur le plan logistique, comment gère-t-on une telle urgence ?

Sur le papier, c’était tout simplement impossible. Pour respecter les délais imposés par les déclarations en préfecture, nous n'avions que deux ou trois semaines, à partir de fin janvier, pour tout boucler : l’écriture du show, la validation technique et la conception de l’organisation globale.

Quel type d'expertise mobilise-t-on pour un tel spectacle ? Comment The Immersers est-elle structurée pour répondre à ces enjeux ?

Chez The Immersers, nous créons des spectacles et des expériences spectaculaires en puisant dans notre héritage issu des grands parcs à thèmes comme le Puy du Fou, le Futuroscope ou le Parc Astérix. C’est un univers très particulier où la puissance de la narration doit impérativement s'imbriquer avec les réalités économiques. Notre méthodologie repose sur un principe simple : "concevoir pour réaliser." Nous ne nous contentons pas d'avoir des idées ; nous maîtrisons les savoir-faire et les coûts pour les concrétiser.

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