Seul équipement sportif construit spécifiquement pour les Jeux olympiques et paralympiques et destiné à s’inscrire durablement dans le paysage francilien et français, le Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris (CAO) constitue le principal symbole matériel de l’héritage Paris 2024. Situé à Saint-Denis, face au Stade de France, ce bâtiment métropolitain ultra-moderne, exploité par Récréa, doit désormais réussir sa mue : passer du prestige de la compétition mondiale à la réalité́ quotidienne liée à l’organisation et au développement d’un site sportif et de loisirs d’envergure. Grégorie Lartigot, Directeur délégué du site, décrypte pour le Café du Sport Business les défis de cette transformation : conjuguer activités scolaires et associatives, exigence de la haute performance et accueil d’événements sportifs, tout en intégrant des enjeux sociétaux, écologiques et économiques majeurs.

Le CAO est présenté comme le principal héritage matériel des Jeux de Paris 2024. Est-ce que le bâtiment tient ses promesses, notamment en termes de modularité et de coût de fonctionnement ?

D’abord, je tiens à rappeler que le nom complet et officiel du CAO est : Centre Aquatique Olympique Métropole du Grand Paris. La Métropole en est l’autorité concédante.

Le CAO est en effet le principal héritage matériel des Jeux : c’est la seule infrastructure construite spécifiquement pour les Jeux avec une vocation pérenne, dédiée à la pratique sportive pour toutes et tous, ainsi qu’au haut niveau.

Le bâtiment a ouvert ses portes au grand public le 2 juin 2025, soit il y a seulement huit mois. Pour un équipement de cette ampleur, aussi vaste, innovant, ambitieux et atypique, nous sommes encore en phase de lancement et de rodage. Il est donc objectivement trop tôt pour dresser un bilan définitif, notamment au regard des objectifs et des équilibres économiques envisagés il y a cinq ans.

En revanche, les premiers indicateurs sont clairement prometteurs et encourageants. Les retours des usagers sont très positifs, tant sur la qualité des installations que sur la diversité des offres sportives (natation, fitness, escalade, padel), la fréquentation progresse, les abonnements montent en puissance, le club résident se structure et la Fédération française de natation utilise progressivement le site pour le haut niveau. Chaque semaine, environ 1 200 élèves viennent apprendre à nager. Les activités connexes – fitness, escalade, padel – trouvent également leur public. La boutique, en partenariat avec Speedo, le restaurant et la recyclerie développent leurs activités. Les demandes d’entreprises pour organiser des séminaires sont significatives démontrant que le lieu dépasse la seule dimension sportive.

La mixité des publics est d’ailleurs l’une de nos grandes fiertés : des nageurs, des grimpeurs, des joueurs de padel, des adeptes du fitness et des salariés du quartier se croisent tous les jours. Dans la halle olympique, le grand public peut nager à côté d’élèves de Saint-Denis, d’un club parisien, d’athlètes du club résident, tandis que l’équipe de France s’entraîne sur les plongeoirs. C’est exactement l’esprit de l’héritage que nous souhaitions incarner.

Concernant la modularité, elle sera pleinement démontrée cet été avec l’accueil des Championnats d’Europe de natation. Nous reconfigurerons le site dans un format proche celui des Jeux : tribune provisoire de 2 500 places, bassin d’échauffement, espaces dédiés aux athlètes, fanzone. Les travaux débuteront mi-juin et permettront d’accueillir les 1 000 athlètes issus d’une cinquantaine de délégations européennes ainsi que près de 100 000 spectateurs. L’enjeu est clair : prouver que le CAO peut conjuguer exploitation quotidienne et organisation de grands événements internationaux.

Tu parles d'un bâtiment atypique, qu'est-ce qui le différencie concrètement des autres piscines ?

Il est atypique par sa dimension – 22 000 mètres carrés – et par sa place centrale dans l’héritage des Jeux. Il l’est aussi par son ampleur aquatique : un bassin olympique, un espace de plongeon, un bassin d’apprentissage et une zone aqualudique. C’est également la seule piscine de France a disposer de 3 000 places en tribune permanente avec la possibilité de monter à 6 000 places pour les grandes compétitions.

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